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Archive de la catégorie «Prytanée»

Quand le Prytanée me poursuit même au sein de la Brigade Mondaine

In Livres, Loisirs, Prytanée on 7 janvier 2008 at 11:59

J’ai fait mon lycée au Prytanée. Internat (le dortoir de plus de 100 lits…), apprentissage de l’indépendance, la vie déguisée en treillis (explication probable de mon incapacité à ne pas finir un repas sans faire une tâche de sauce quelque part…), des études sérieuses et des moments de décompression intenses, voire délirants. Des conneries, seul ou en groupe (mais souvent en groupe) que l’on ne peut raconter si on n’a pas connu cette ambiance un peu particulière (la fameuse loi du "pas vu, pas pris")… Cette complicité du groupe à ne jamais rien lâcher à l’Autorité. J’irais même jusqu’à dire l’apprentissage à savoir se dresser contre l’Autorité (dans le respect des règles de bienséance cela va de soi). Un réseau d’Anciens avec qui le contact humain s’établit toujours simplement, car nous connaissons nos racines et savons quelles sont nos valeurs communes. Un réseau qui est en train de s’enrichir des parcours professionnels des uns et des autres. Un réseau à qui il ne manque pas grand chose pour être plus qu’un simple moyen  d’échanger nos souvenirs, mais de construire l’avenir… Bref, une école qui marque.

D’ailleurs, puisque vous êtes sage, voici une compilation faite par les élèves qui étaient en terminale en 2005. Je vous jure, 20 ans après mon passage, je m’y retrouve :

Si je vous dis tout ça, c’est pour vous faire comprendre la surprise que j’ai eu durant ma semaine antillaise à l’occasion des fêtes de Noël. L’appartement que nous avons loué comportait une bibliothèque faite de nombreux ouvrages à l’eau de rose (Danielle Steel and Co.). J’ai porté mon choix sur le seul ouvrage sérieux disponible : La favorite du grand turc dans la collection des Brigades Mondaines (Ah, je vous intéresse là tout d’un coup). Et là, autant vous dire que je me suis dit qu’il y a quand même des hasards dans la vie qui peuvent être parfois très suprenants. Il se trouve que le tueur macchiavélique de cet ouvrage n’est autre qu’un ancien élève du Prytanée. L’auteur insiste du reste sur ce point pour expliquer le profil psychologique de son grand pervers d’homme d’affaires cultivé, érudit et polyglotte, qui trucide des jeunes filles en reproduisant les récits des supplices que faisait subir un Sultan turc aux femmes de son harem. J’en suis resté coi !

Histoire d’une étoile filante

In Prytanée, Société on 27 août 2007 at 11:48

J’ai abordé à plusieurs reprises la problématique de l’intensité de la vie par rapport à la durée…

Je voulais vous parler d’une jeune femme qui en est un exemple remarquable. Sa vie fût brève, 32 ans, mais particulièrement intense. Jugez plutôt. Elle fait ses études au lycée militaire de Saint Cyr l’Ecole. Comme elle aspire à l’excellence (elle me pardonnera, j’en suis sûr cette petite pique traditionnelle à nos camarades de Saint Cyr l’Ecole), elle rejoint le Prytanée pour faire ses classes de Math Sup. Elle est reçue à l’école Normale et à Polytechnique. Femme d’actions autant que de tête, elle décide d’intégrer Polytechnique et rejoint l’armée de l’air en fin de cycle. Caroline Aigle, puisque c’est d’elle qu’il sagit, ne pouvait qu’être prédestinée à tutoyer les cieux. Elle est brevetée pilote de chasse le 28 mai 1999, devenant ainsi la première femme française à obtenir cette qualification. Non contente d’être ce que l’on appelle une grosse tête, c’est aussi une sportive accomplie qui pratique le triathlon avec la même réussite que pour ses études (championne de france militaire en 1997, championne du monde militaire par équipe en 1999…). C’est aussi une femme. Mariée, 2 enfants. La maladie qui va l’emporter en moins d’un mois ce 21 août 2007 est à l’image de sa vie, intense et foudroyante.

Intelligente, bien faite, sportive de haut niveau, femme, mère, il ressort des commentaires laissés sur le site mis en place à cette occasion (http://armee-de-lair.over-blog.fr/) – 674 à l’heure où j’écris, qu’elle était également une bonne personne, disponible et modeste.

J’écris dans l’espoir de contribuer modestement à ce que sa mémoire perdure et puisse servir de modèle ou de motivation à ceux qui seraient en mal de repères. Une étoile filante est passée dans notre histoire. Faites un voeu !

Ce soir …

In Loisirs, Prytanée on 18 novembre 2006 at 11:56

Smoking, Uniformes, Robes de soirée, Cigares, Champagne…jusqu’au bout de la nuit…  le Galabrution !

Rencontre avec H. Proglio

In Prytanée on 23 octobre 2006 at 1:51

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Petit-déjeuner débat vendredi matin (20 octobre) avec Henri Proglio, le patron de Veolia Environnement à l’initiative de l’association des anciens élèves du Prytanée.

M. Proglio nous a fait part de son expérience et de sa vision de la Chine, que je résumerais en quatre points synthétiques :

- une croissance de 10% l’an en moyenne pour les 15 ans à venir;
- une poursuite des investissements chinois dans le déficit extérieur américain;
- une réévaluation de leur monnaie quand bon leur semblera;
- une forte dépendance énergétique

A noter également (hors Chine) :
- l’Inde n’ayant pas mis en oeuvre de politique de contrôle de la natalité, ce pays devrait dépasser en population la Chine d’ici quelques années;
- constat ces dernières années d’un mouvement démographique des populations en direction des côtes – note perso : ce qui confirme que l’Homme s’est quelque peu détaché de la Nature, ces zones étant les moins bien pourvues en eau potable par exemple…
- la gestion de l’eau aux Etats-Unis est un enjeu majeur en matière écologique. Les réseaux peuvent perdre jusqu’à 60% de leurs capacités en fuites… digne du réseau d’eau d’une ville comme Bucarest au lendemain de la chute du Mur…

Lycée à encadrement militaire… tiens, tiens…

In Prytanée, Société on 5 juin 2006 at 7:24

A l’annonce de Ségolène Royal de placer "au premier acte de délinquance", dans "des établissements à encadrement militaire", les jeunes à compter de l’âge de 16 ans, je n’ai pu m’empêcher de repenser à mes années de lycée. J’ai fait le lycée militaire de La Flèche de ma seconde à la terminale. Etais-je un délinquant pour me retrouver là-bas ? Je vais vous dire : non seulement, j’ai voulu y aller, mais en plus il a fallu que je passe un concours pour y entrer – et sacrifier du reste mes vacances de Pâques à l’époque pour boucler dès la fin avril le programme de maths de 3ème…

On accuse régulièrement les lycées militaires d’être des centres de formations pour apprentis fachos, un système fermé qui perpétuerait une espèce d’oligarchie en France. Pour ma part, je n’ai rien vu de tout cela, et quand je croise mes camarades anciens de cette école, je me rends compte de la richesse humaine que cela a produit. Egalement de la diversité des parcours : j’en connais qui sont DG, d’autres – de plus en plus d’ailleurs, entrepreneurs. Je connais même un magicien… D’ailleurs, à y regarder de plus près, je me suis aperçu que bon nombre des anciens étaient restés rebelles au système. Paradoxal, non ? En fait, l’encadrement militaire peut avoir du bon à l’adolescence pour justement permettre de clairement identifier les lignes jaunes. Après, quand on a 15 ans et qu’on a envie de refaire le monde, on passe son temps à les tester ces fameuses lignes jaunes; mais toujours selon la règle "pas vu, pas pris / pris, j’assume". Et il semblerait que cela reste. Bon nombre des anciens que j’ai croisés m’ont dit en préambule de discussions : "tu sais, mon parcours est un peu atypique…" Pas de soucis, on est beaucoup dans ce cas-là. Les points communs : un haut niveau d’intégrité, un engagement dans l’action, le respect des règles justes… que ces critères ne soient pas respectés, et beaucoup n’hésitent pas à claquer la porte. Du coup, des vies faites de choix assumés.

Mais, ne nous trompons pas non plus de sujet. Si l’encadrement militaire, et ses règles binairement claires, peuvent y être pour quelque chose dans la réussite aux examens et concours, le vrai plus de ces écoles résident toutefois ailleurs, dans l’encadrement du corps professoral et dans le rythme scolaire qui respecte les programmes.

Allez les Ñass, aux commentaires !

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Rencontre avec Michel Barnier

In Prytanée on 5 avril 2006 at 12:58

Dsc00015Rencontre ce matin dans un des salons du Sénat avec Michel Barnier à l’initiative de l’ASSOC (qui regroupe les anciens du Prytanée).

(Désolé pour la photo, mais je n’avais pas encore pris mon café et je crois que j’ai un peu bougé)

Echanges intéressants puisque l’on avait demandé à Michel Barnier de nous parler quelques minutes de l’Europe. Je dois dire que j’y ai retrouvé sur le fond ce que j’exprimais dans cette note; avec bien évidemment plus de précisions sur le sujet eu égard aux fonctions et activités passées et présentes de notre interlocuteur.

Vous pouvez retrouver les positions de Michel Barnier à ce sujet sur le site : Nouvelle République.

On ne peut qu’espérer que les débats à venir pour les échéances 2007 remettront les discussions sur l’Europe au coeur des débats et que la France – au travers de ses hommes politiques pour commencer, cesseront cette dynamique de recroquevillement en cours.

En tout cas, un grand merci à Georges et à Christophe pour cette initiative.

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Le Huron

In Prytanée on 9 mars 2006 at 9:10

Le Huron
Vidéo envoyée par jbplantin

Chant traditionnel du lycée Prytanée National Militaire. Pris à l’occasion de la cérémonie du 08 mars 2006.

Les photos sont ici : http://jbp.typepad.com/jbmob/2006/03/crmonie_du_08_m.html

La vie rêvée des îles

In Prytanée, Société on 27 février 2006 at 11:51

Je me sens concerné à double-titre par le message qui suit :
1 – le gendarme dont il est question est issu du Prytanée;
2 – lorsque la situation est inverse, nous avons le droit à des manifestations, des voitures brûlées, des remises en cause du comportement du Droit dans l’action… dans le cas présent, nous n’avons eu le droit qu’à de rapides entrefilets dans les journaux d’informations, un silence assourdissant de la part du gouvernement, alors que le comportement des protagonistes me semblent, plus que scandaleux et inhumains, révélateurs de fractures profondes, du déni de ce que représente la vie humaine. Si cela s’était produit dans un pays sous-développé, peut-être en aurions-nous parlé un peu plus en plaignant ces sociétés où la jungle fait force de loi.   

"Bonjour.
Il est des images de petits paradis tropicaux qui ne résistent pas à la réalité locale.
L’île de Saint-Martin (Guadeloupe) vient d’être touchée par un drame. Dimanche matin (12 février), alors qu’une patrouille de gendarmerie (2 personnes seulement) vient tenter de faire cesser une course sauvage de véhicules (run), Raphaël Clin, gendarme, est violemment percuté par un motard roulant à très vive allure. Alors qu’il agonise sur la route et que son collègue demande de l’aide à la quarantaine de "spectateurs" présents, personne n’intervient. Pire, les insultes fusent … certains crient victoire, un gendarme est à terre ! La tension est telle que le second gendarme se saisit de l’arme de Raphaël, afin que personne ne puisse l’utiliser à son encontre.
A l’arrivée de l’ambulance, le personnel soignant qui prend en charge Raphaël est choqué par les propos qui se tiennent autour de la scène du drame : ils sont d’une violence inouïe. Des applaudissement se font même entendre. Une fois à l’hôpital, Stéphanie, l’épouse de Raphaël, doit supporter, en plus de l’immense douleur qui la frappe, les insultes et les cris de victoire des amis du motard (hospitalisé mais beaucoup moins sérieusement touché) qui continuent. Elle finira par entendre "On a tué un blanc" …
Raphaël, polytraumatisé, succombe à ses blessures. Raphaël était mon ami.
Ce dramatique accident et la brutalité des scènes qui l’ont accompagné ne sont malheureusement que l’illustration extrême du climat local. Une partie de la population saint-martinoise entretient à l’égard de la population métropolitaine en général et des forces de l’ordre en particulier (symbole même de la métropole) une haine farouche. Cette haine porte un nom, c’est le racisme.
J’affirme que certains élus locaux portent une responsabilité dans cette état de fait. Le Maire de Saint-Martin ne s’est pas exprimé, alors même que la tension montait dès après le drame (insultes subies par les familles de la gendarmerie de Marigot par dessus les grilles qui entourent leurs appartements, discussions virulentes dans les écoles entre les enfants issus de la métropole et les saint-martinois de souche, .).  Hier mercredi, alors que la plupart des représentants locaux assistaient à la cérémonie militaire d’inhumation, il est symptomatique de constater que ce maire n’était même pas présent.
Pour la mémoire de Raphaël et pour soutenir le combat qui débute pour Stéphanie, son épouse, je vous serais reconnaissant de relayer ces informations qui révèlent l’état d’esprit et la mentalité qui règnent dans certaines îles des DOM-TOM.  Si vous souhaitez plus d’informations afin de mener votre propre investigation, je reste à votre disposition.
D’avance, je vous remercie.
Meilleures salutations.
Philippe Bouvier
Baie Orientale
97150 Saint-Martin"